Vins des Allobroges

Appellation

Arbin

Arbin est la dénomination savoyarde consacrée à la mondeuse, et elle ne produit que du rouge. Un vin ferme, poivré, qu'il faut savoir attendre.

Arbin est une dénomination géographique de l'AOC Vin de Savoie, sur les communes d'Arbin, Cruet et Montmélian. Elle ne produit que du rouge, à base de mondeuse noire.

Un cru monocouleur, ce qui est rare en Savoie

La plupart des dénominations savoyardes couvrent plusieurs couleurs ou laissent le choix entre plusieurs cépages. Arbin ne fait ni l'un ni l'autre : c'est un cru de mondeuse, et rien d'autre.

Cette restriction n'est pas une contrainte administrative tardive. Elle enregistre un usage local ancien, sur des coteaux où la mondeuse a résisté au remplacement par le gamay qui a suivi le phylloxéra.

Le coteau

Les parcelles occupent les pentes bien exposées de la rive droite de l'Isère, dans la combe de Savoie. Sols d'éboulis calcaires, exposition sud à sud-ouest, pente marquée.

La mondeuse mûrit tard et se comporte mal sur les terrains froids ou trop fertiles. Comme pour le Chignin-Bergeron, l'aire du cru suit d'assez près ce que la topographie autorise.

Ce qu'il faut en attendre

Le nez associe le poivre noir, la violette et un fruit sombre. La bouche est ferme, avec des tanins présents et une acidité qui ne faiblit pas — un profil de climat froid, pas de vin de soleil.

Le degré reste modéré, souvent autour de 12,5 % vol. Ce qui structure le vin n'est pas l'alcool mais le tanin.

Le temps, qui n'est pas une option

C'est le point sur lequel Arbin est le plus souvent mal servi. Bu dans l'année, il est anguleux : les tanins dominent, le fruit reste en retrait, et l'impression de rusticité qu'il laisse alors ne lui appartient pas.

Comptez trois à cinq ans, davantage sur les millésimes structurés. Les meilleures cuvées tiennent dix ans et plus, en développant un registre de poivre, de sous-bois et de fruit confit.

À table

Des plats qui supportent le tanin : viandes rouges grillées, gibier, daubes, charcuteries de montagne, fromages à croûte lavée. La mondeuse résiste au poivre, ce qui est rare et vaut d'être exploité.

Servez-la entre 15 et 16 °C, carafée une heure sur les millésimes jeunes.

Les autres crus de mondeuse

Arbin n'a pas le monopole. Saint-Jean-de-la-Porte, sur le même versant de la combe de Savoie, produit également des mondeuses régulièrement citées. Chignin, Cruet et Montmélian en donnent aussi, sur des sols voisins.

Les différences entre ces crus sont réelles mais moins marquées que celles qui séparent deux producteurs. Comme souvent en Savoie, le nom sur l'étiquette pèse moins que la main qui a fait le vin.

Millésimes et maturité

La mondeuse mûrit tard, et la Savoie ne garantit pas la maturité tous les ans. Dans une année fraîche, le vin sera végétal et anguleux ; dans une année chaude, dense et poivré, parfois presque méridional.

Les années fraîches ne sont pas à écarter : ce sont souvent celles qui donnent les vins les plus longs, à condition de leur laisser les cinq ans qu'elles réclament. Les années chaudes se boivent plus tôt.

Comment choisir une bouteille

Vérifiez la mention du cru — un « Vin de Savoie mondeuse » sans dénomination reste correct mais joue rarement dans la même catégorie qu'un Arbin.

Regardez ensuite l'âge de la bouteille. En dessous de trois ans, prévoyez de carafer une heure, ou mieux, de la garder. C'est le seul rouge de la région dont on puisse dire qu'il se gâche à être bu trop tôt.